[Récit] Marathon du Mont-Blanc 2018, mon 1er trail de montagne, un régal !
6h52. C’est le temps qu’il m’a fallu pour venir à bout des 42 km du marathon du Mont-Blanc 2018. Enfin 44 km. Mais ça va, Jérôme, qui a déjà bouclé l’épreuve 2 fois, m’avais prévenu, j’étais psychologiquement prêt 🙂
Arrivés samedi par la route avec mon collègue Cédric, je découvre la jolie ville de Chamonix, encerclée par la réserve naturelles des Aiguilles rouges et le massif du Mont-Blanc, dont l’Aiguille du Midi et le Mont-Blanc. Je n’étais jamais venu, je suis ébloui par la beauté du lieu !
Cédric et moi traversons sans tarder la running expo qui précède la tente du retrait des dossards et montrons notre matériel obligatoire pour récupérer notre permis de courir ! Tout est très bien organisé, c’est très fluide.
Conférence de presse, rencontre avec un extra-terrestre
Le huitième de finale France – Argentine me fait manquer la plus grande partie de la conférence de presse. Quand j’arrive, Kilian Jornet est encore là, il semble très abordable et prend le temps de discuter avec les uns et les autres.
J’en profite pour lui parler 5 minutes; il vient ici pour se tester après sa fracture du péroné à la Pierra Menta. Et cerise sur le gâteau, il m’assure qu’il regarde toujours la carto Jogging-Plus pour choisir sa prochaine course, c’est son site de calendriers running préféré 🙂
Le lendemain, il franchira la ligne en vainqueur en 3h54, cinq minutes devant le 2ème : pas mal le résultat du test, non ? 🙂
Le soir, nous assistons au départ et à l’arrivée du Duo étoilé, course semi-nocturne de 17 km / 1300mD+ en duo. Dans la nuit tombante, on distingue le défilé des frontales qui montent et descendent sur le flan du massif de l’Aiguille du Midi, féérique !
Petit-déjeuner et analyse du parcours
Dimanche 5h30, la nuit a été courte. Au petit-déjeuner, Cédric m’annonce qu’il ne se sent pas assez bien pour prendre le départ, la trop forte chaleur aura eu raison de ses intestins. Face aux dangers de la montagne, la prudence s’impose ! Ne courant pas à la même allure, nous n’avions pas prévu de faire la course ensemble, mais ça m’inquiète un peu sur les difficultés qui m’attendent.
Au menu du petit-déjeuner : pain blanc, beurre, riz au lait, compote, oeuf sur le plat, thé, 50 cl de Saint-Yorre (+ 1L dans la poche à eau). L’épicerie du coin était en rupture de stock de bananes, tant pis pour moi 🙁
On en profite pour analyser le profil de la course : un premier tiers plutôt facile avant la vraie montée vers Les Posettes, suivie d’une grosse descente dans laquelle il faudra être très prudent, puis nouvelle grosse montée vers La Flégère et l’arrivée. Avec la canicule actuelle, l’itinéraire de repli n’est pas d’actualité, ça me rassure, je n’aurais pas aimé devoir faire une seconde longue descente.
Dimanche 1er juillet, 6h45, le départ approche
6h45. Cédric m’accompagne au départ, on arrive un peu tard, il y a déjà énormément de monde, impossible de voir les élites sous peine de me retrouver 2000ème sur la ligne de départ, je ne préfère pas prendre le risque de me retrouver dans les bouchons dès que les chemins se rétréciront.
7h. Ca y est c’est parti, l’ambiance est au top, tout le monde est excité par le départ et a envie d’en découdre ! Je partage une vidéo du départ en direct sur Facebook et j’en oublie de déclencher mon chrono… Ce n’est qu’au bout de 4 minutes que je m’en rends compte…
Après un 1er km de bitume, on tourne sur un chemin qui s’élève gentiment sur plusieurs kilomètres à travers une très belle forêt de pins. Le peloton des 2000 inscrits, dense dans les premiers mètres, s’étire au fur et à mesure de la montée. J’y vais au train, sans me mettre la pression, je m’arrête plusieurs fois pour prendre plein de photos et en garder un max de souvenirs ! Il est encore tôt, nous sommes à l’ombre, la température est bonne. J’arrive au sommet du col des Montets (13.3 km) après 1h26 de course.
A Vallorcine, au pied de la montée vers Les Posettes, l’ambiance est incroyable, on se croirait sur les routes du Tour de France !! La foule est dense, nous encourage, agite les cloches et un orchestre de tambours nous motive avant la montée (voir vidéo en fin d’article).
Passé le tout début très pentu, la montée vers le col des Posettes est plutôt régulière et se digère bien. J’arrive au sommet (km 23) après 3h09 de course. Le panorama est magnifique !! Séance photo obligatoire avant de longer la crête et d’entamer la descente, plus compliquée pour moi.
La descente n’est vraiment pas mon fort, je préfère être prudent pour éviter la chute (il y a 3 ans, je me suis fracturé le poignet en descendant trop vite la montagne Sainte-Victoire près d’Aix-en Provence, je suis vacciné…). Je mets 40 min pour faire les 5 km qui mènent au ravitaillement de la Tour.
Un dernier tiers de course sous la canicule…
Après 4h de course, les choses se corsent. La température dépasse les 28°C, avec un pic à 32°C, dixit le relevé de ma Garmin Fenix (5S). Les 9 km qui séparent les 2 derniers ravitaillements sont très durs : on enchaîne deux belles montées vers Le Bechar puis La Flégère, sous une forte chaleur et la deuxième se fait même à découvert sous le cagnard.
Plus la force de prendre des photos. De temps en temps, je profite de l’ombre d’un arbre pour reprendre un peu d’air, ou d’un cours d’eau pour m’asperger la tête et la nuque et faire redescendre la température de la machine. J’arrive (trop) vite à bout des 1.5 L d’eau emportés au ravito précédent, les 2 derniers km de montée vers le ravito de la Flégère sont un calvaire.
Je suis assoiffé, j’ai l’impression que ma langue a doublé de volume, j’essaie de manger, en vain tellement je n’ai plus de salive. Cédric m’attend à 1 km du sommet, m’accompagne jusqu’en haut, m’encourage, mais c’est dur !
Au ravitaillement de La Flégère, les organisateurs nous attendent avec des pichets d’eau fraîche à se verser sur la tête. Brrr, le choc thermique est brutal, mais une fois la surprise passée, ça fait du bien ! Je me requinque au ravitaillement et trouve même les ressources pour accélérer dans les 5 km qu’il reste avant l’arrivée, je récupère 35 places au général sur cette dernière portion.
La plus belle ligne d’arrivée que j’ai jamais vue
L’arrivée à 2100m d’altitude, face au Mont Blanc est majestueuse ! Trop fier d’avoir bien géré ma course, de ne pas m’être blessé dans les descentes (c’était ma plus grande crainte). Je termine 429ème sur les 1902 classés. Le plus dur fut vraiment cette sacrée chaleur.